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Dernière inspiration

Pourquoi ai-je la tête dans les étoiles?

Youness,  le 02.03.2012


Je ne suis qu'une étoile et je le sais. J'en suis même trop conscient. Je ne brille que rarement. Mais bon, l'ampoule de 20 watts ne brillera jamais comme celle de 100. Je ne suis pas de ceux que l'on remarque, même suspendus au milieu d'un champ. Je manque d'air. Même en panne d'inspiration, je ne suis pas de ceux que l'on remorque.

J'incarne ce que craint l'homme seul refusant de voir ce qu'il est, ce qu'il aime, ce qu'il hait : je suis le moment propice à toutes les gestations. Je suis la nuit glacée et humide au lendemain de noël où l'on réalise que 365 jours nous séparent des prochaines festivités. Je suis nu. Pas souvent plein. Je me plains trop parce que quand d'autres se montrent, je ne suis plus que leur ombre. Un ersatz d'astre. Un semblant d'être. Je ne suis pas. Je joue à être et tiens-je vraiment la distance?

Je suis le croissant. La moue ou le sourire. L'amour ou son souvenir. Je suis ce que les gens veulent voir. Un clown ou un croque-mort. Je suis le lendemain de la vie et ce qui précède la naissance. Je suis tout pour toi et rien pour lui. Un passage dans un livre ou toute une oeuvre.

Marchez au clair de moi. Même si l'autre éclaire mieux. L'homme n'est pas impatient de voir venir le soir, mais le lendemain et le jour, sa compagne. On parle toujours du "jour de notre rencontre" ou du "jour de notre mort". Mais si c'était un soir? Car c'est au soir que l'on prépare les luttes à venir étant entendu que la nuit porte conseil. C'est dans le silence de l'obscurité que se dessinent les courbes de demain. Le soir est la salle d'attente du jour. Il est le dernier endroit où l'on est vraiment nous-même, où l'on ne peut pas se fuir. Du jour où la lumière fut, on s'est oublié. Car le soleil éblouit et nous empêche de voir. Quand il s'en va, on se souvient qu'on existe. Même si on hésite, on existe.

Certains prétendent pouvoir me décrocher juste pour m'offrir. N'en croyez rien. Il en va de même pour qui affirment m'avoir foulé. Je ne me laisse pas marcher dessus. Je suis une forteresse et mon coeur, ou ce qu'il en reste, a ses appartements dans le plus haut donjon de la plus haute tour et la pluie autour n'a de raison que dans ce qu'elle dissuade. Je ne suis qu'un satellite on ne me tourne pas autour. Il est le soleil, la vie, je suis celle qui l'annule. J'endors le jour jusqu'au crépuscule... Je suis la lune.

Youness Mernissi

 

Commentaires

Jasmin, 03.03.2012
Dila, 03.03.2012
Olfa, 02.03.2012

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