Poèmes : #  A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z #  

Titres en J

Jamais
Jour de malheur
Jeux
Jusqu’à la morsure
Jeu préféré
Journal d’un retour. (Extrait 5)
Journal d’un retour. (Extrait 4)
Je suis loin...
Jungle Humaine
J'ai toujours voulu
Journal d'un retour. (Extrait 3)
Journal d'un retour. (Extrait 2)
Journal d'un retour. (Extrait 1)
Judas
Jouets sortis de l'ouate
Jour férié
Jour ouvrable
Jamber les déconvenues
Joseph D.
Jeux de rôles
Jumelles
Juices
Jambe de bois
Johnny Negro
Jamais
Jardin secret
Jozefa
Journal intime
Jours heureux (Le vieux machin)
Jazz à Jericho
Je te pleure ma Forêt Kongo
Jusqu'à c'qu'amour s'ensuive
J'en rêve encore
Jungles d'accueil
Just Like A Dream
Journée de la femme
Janvier
Je n'ai rien vu à Bukavu
Je sais pas
Jeu de mains
Je m'en vais
Jazz
J'en ai rien à cirer de ton dernier voilier
Je roule à gauche, à droite...
Jouir d'ouïr et ouïr de jouir
Je sais
Jardins piégés
Je ne le dirai pas
Je ne me fatigue pas
Je veux
Jeux d'acteurs
Juste besoin
Je ne vous dirai pas...
J'abandonne
J'emprunte
Je t'aime
Je suis à la fenêtre
Jeux d'enfants
Je marchais
J'ai perdu mon mouchoir
Jugement dernier
J'abrite
J'avais rêvé
Je ne suis qu'un corps
Joy
Je te regardais...
Je n'irai plus rue Sombre
Je reviendrai
Je suis
Jeu de société
Je t'aime
J'aimerai que ce soit lui
Je serai ton fond marin (Extrait)
Journal intime
Je te hais
Just one
Je l'aime trop
Juge
Jusqu'au trognon
Jouer avec le feu
Je t'oublierai
Jour sans
Jeu de guerre

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Journal d'un retour. (Extrait 1)

Nganji,  le 07.11.2016


L'avion a décollé depuis longtemps.
J'ouvre une nouvelle fois les yeux.
La peur du vide laisse place à une autre : mon retour au Congo.

Un peu plus loin sur ma droite, deux femmes griffées par des marques italiennes se dégourdissent les jambes. J'imagine qu'elles parlent de tout, sauf de l'origine de leur récente couleur de peau.

Directement assis sur ma gauche, écouteurs vissés aux oreilles, Gabriel, mon neveu, rigole des fresques du dernier Kung-Fu Panda. 

C'est presque contagieux. 

Je préfère, toute de même, mon iPhone 6s à la sélection de divertissements de notre vol Brussels Airlines SN 0359.

Le gros son rap de Vince Staples cogne mes tympans et balance discrètement ma tête.
J'en oublie mes scrupules sur l'exploitation sauvage du coltan.

Il y a tellement d'argent en jeu, tellement d'enjeux géopolitiques pour les requins aux dents longues...

Même si Feza, ma grande soeur, me rappelle régulièrement que je vis dans une bulle, cela ne suffit pas. Les squales et moi, c'est pas le même monde. C'est pas le même appétit. On n'est pas de la même espèce. Alors ne comparons pas l'incomparable.

Moi, je préfère me concentrer sur les perspectives de commerces plus accessibles à mon genre : la promotion des produits décapants et l'importation de perruques pour femmes distinguées. Du moins, à cet instant précis, c'est cette idée qui m'aurait semblé la plus porteuse de sens. Enfin, si j'étais un homme d'affaires étranges en voyage de prospection. Au vu de l'échantillon qui m'entoure ici, la taille du marché de ce type d'anesthésies ne peut qu'être attrayante. Anesthésies pour complexes d'infériorité. Culturelle, évidemment.

Dans quelques minutes, on fait escale à Luanda. 

Kinshasa n'est plus très loin et je ne sais toujours pas quoi attendre de ce voyage. 

Aimé Césaire a écrit "Cahier d'un retour au pays natal", quelle chance ! 

Être autant inspiré, si facilement, c'est indécent ! 

Si ce n'est pas son immense talent qui fait la différence, ça doit être la force de ses racines.

Ou les deux à la fois.

Certainement.

A deux heures du pays qui m'a vu naître, moi, je n'ai que mes doutes pour certitudes.

 

Commentaires

Fabienne, 07.11.16, 17:50:57
Impatiente de lire la suite

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