Poèmes : #  A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z #  

Titres en L

Les enfants gâtés
Le lion, le soleil et le loup
La bouche pleine
La baraque des lutteurs
L'arrière-boutique
La course à l'armement
Les manèges arrêtés
Le travail à abattre
La bienvenue
L'inquiétude des jours nouveaux
La confusion de patrimoine
Le fond de cage
Le pet de nonne
L'orgasme d'une déesse
La balade de Darwin
Les débuts maladroits
Lumière éteinte en sortant
Le monde habite ma chanson
La gueule du loup
L'horizon du désir
La débâcle des colonies
La pluie en langage morse
L'écrit vain du bamboula
La déception
La crécelle des lépreux
Langues de bois
Lettre à Anne
L'orage
Les majorettes sous l'averse
Langue morte (Cinq poèmes sans issue / n° 4)
L'importance des préliminaires
Les fêtes intimes
Le lot de consolation
Le langage châtié
Le parachute du pape
La maison de repos
L'approche des examens
Le sexe des anges
Le décalage horaire
La dent en or
L'arbre à parole
Les sept péchés décapités
Le sens des affaires
Lecture de mon corps
Le prestige de l'uniforme
L'envie
La compréhension de l'ange
Larvatus prodeo
Là où est le bonheur
Le fil du rasoir
Les naufrages endormis
L'autre nudité
L'école des garçons
Le trône étroit
La banquette arrière
Les grandes manoeuvres
Le fétiche colonial
Le lait des dragons
Le psychopathe des mots
L'étincelle
Le violon loup
Les fausses dents
La récolte
L'arrivée
Le rêve du père
Le gîte et le couvert
Le dernier tram
La peau d'avril
La conquête de l'ouest
La sourde oreille
La part du temps
Les nuits sans café
Le monde habite ma chanson
L'insistance d'un regard
L'air des bien-aimés
L'apprenti poète
Le sel de tous les temps
Le front à la vitre
Lundi au petit jour
La passante
L'épreuve du feu
L'odeur de la ville
La résignation
L'exode de l'ego
La richesse tombée du ciel
La drôle de guerre
Loud
Le dentier à ressort
Les cent pas
Le paradis des coupables
L'Autre Monde
Les fleurs du comptoir
L'illusion du contrôle
Les cabines démontées
Les nouvelles du temps
L'impuissance
L'acharnement des conquistadores
L'expansion de l'univers
La croyance en l'avenir
Les phéromones
Le blues du survivant
Le consentement
Le sang est une fausse piste
Lettre à l'aîné
Les coups de bélier
L'Orage
la brûlure
L'avenir au pouvoir
La quadrature du cercle
La guerre des pôles
Le changement d'heure
L'histoire de tout le monde
Les étalons d'Ithaque
La pluie de grêlons
Larmes de crocodile
La bonne à tout faire
Le bonheur d'être abonné
La fonte des glaces
La course aux excuses
Le beau voyage
La corvée de repassage
Les tables prises
Le jukebox du Café de la Gare
La réussite
La grande aventure
L'enfant des portes
Le chemin de brousse
Le son de sa voix...
L'arrêt
Les forces armées
Le soleil sur la tête...
Lectures...
La couche de fond
Le mariage de raison
L'espace réduit
La valse des amants
L'amant de la pluie
Lutte de classes
L'adieu à Sparte
L'oasis des solitaires
La grève des papillons
Les pendules à l'heure
Le songe du Calippo
Le mélange des cultures
La formule de politesse
L'indifférence
Le colonisé du colonisé
Le porte-parapluies
Laisse Lucifer
La Grande Ourse
La cordillère des anges
Les cris...
La sainte famille
Les blessures esthétiques
La femme et sa proie
La promenade du dimanche
La construction du soleil
La ceinture de chasteté
L'homme d'affaires
La paix
Le temps
Le jazz et la pluie
Les mous tombent
L'armoire aux amants
L'espoir
L'effort de paix
L'effort de guerre
Le cimetière des étoiles
L'après-midi libre
L'infirmière de garde
Le lièvre et les petits lapins
Liquide amnésique
Les beaux rêves
Le dégel
Le mari de la fleuriste
Le souffle des licornes
La gêne d'autrui
Le repos du guerrier
Le champ de foire
Libido
La force de persuasion
La Trace
La lettre de rupture
Le marché de dupes
La prunelle de tes yeux
Liberté
La violence
Les Vieux...
Les racines
Les mots
Les fausses pistes
Le laboratoire de Frankenstein
L'offrande
L'équipe des Weight Watchers
L'oubli
L'air du temps
Le divorce
Le suçon
Le bout de la langue
La même chanson
Lapidaire
La planche de salut
L'arrière-saison
Les lendemains incertains
Les tables de multiplication
Les rideaux écartés
Les nuits sans lune
La pluie drue
Le bout de soi
Légumes
La pluie et le beau temps
La toute-puissance
Le cycle des espoirs
Le monde des affaires
La Palme
Le tapis de prière
Les choses à moitié
Liberté
La bête de beauté
La réserve d'orages
La reconnaissance
Le temps perdu
L'âme au diable
Le chemin de l'école
La flamme
Le prix fort
La gravité
Les trous dans la peau
La musique de chambre
Lune et fusil
Le noeud du problème
La gentille mort
Les mauvaises notes
La petite bande de Gaza
La saison des amours
La chute de l'empire romain
La chute
Le pouvoir 2...
La collecte de sang
Le blues des sirènes
La force de l'opprimé(e)
L'alchimiste
La cicatrice
Les pieds sur terre
La nuit ressource
Les pots cassés
La quête de l'horizon
L'angle mort
Les grandes inventions
Le prisme des préjugés
L'imposture
Le savoir pour arme
La voie du milieu
Lost
Le volcan endormi
La caresse d'une flamme
Le petit colibri
L'arme aux yeux
Le feu de camp
Les petits rêves dans les grands
Le volcan endormi
Les guerres de territoire
Le doute de l'écrivain
Le kiosque à musique
Les manteaux mouillés
La blessure
L'émotif ambulant
L'origine du mal
La bête à bon dieu
Le petit déjeuner des grands
La main au feu
L'énigme d'Ishango
Les amis revenus
La visite présidentielle
L'égalité des sexes
Les eaux amoureuses
Le traceur d'horizon
La poule aux dents de lait
La première fois
L'envers du décor
Les portes condamnées
L'aumône au silence
Les bisous de Grand-père
La pièce manquante
Les rivières rouges
La menue monnaie
La traversée
L'air du temps
L'esprit ailleurs
L'oiseau bleu
Le borgne amoureux
Le bâton dans les roues
L'arène des dieux uniques
Le patient du chirurgien
La proie des requins
Les mains baladeuses
Loterie
La galette des rois
Le marteau et la plume
Le coût de la vie
Le ciel déchiré
Le retour de l'hippodrome
Larmes de fées
Le bal des anciens
Le flagrant délit
Le plus grand des jaloux
Le point faible
La mémoire en ressac
Lumumba
L'adoucissement des moeurs
Le rêve
La nymphe aux manies
L'Enfant qui n'est pas né
Le ventre des étains
L'orangeraie
Lettres du Kongo
Les glissements de terrain
Les Hommes au Bois dormant
L'anathème
Le grand braquet
Les vagues d'équinoxe
Lisbonne
Le Petit Révolté
L'erreur humaine
Les lieux d'autre part
Longue portée
Le réveil des optimistes
Les yeux
L'essoufflement du guépard
La grimace du cliniclown
Les yeux fermés
La prometteuse de beaux jours
L'établissement
L'eau à la bouche
Le respect de la vie privée
Le goût du sang
La chute des cheveux
Le jeu de dames
La grande sieste
Les mots sages...
La reproduction en captivité
Les sourires
Les femmes entretenues
La marque du temps
La lessive à la main
La grande place
Le bien à la racine
Les cibles anonymes
Le prochain point d'eau
La route à lacets
Le paradoxe du caméléon
Le pied
La petite Lavandière
La maison de repos
La vallée de l'ombre de la mort
La lune et le soleil
La nostalgie du soleil
La bijouterie du ciel
La nuit
Le Poète
Les perturbations atmosphériques
Les jours d'après
Le grincement de la balançoire
La ronde des mères
La fleur de l'âge
La dorure des dômes
L'audience levée
L'embarras du choix
Le dîner des familles
Les heures creuses
L'ami
Le regard complice
La marée bleue
La poussée d'Archimède
Le plaisir
Le pouvoir d'une femme
Le laisser-aller
La place du mort
La folie des hommes
Le renouveau
La chair à canon
Le soleil soit loué
La presse à scandale
La fanfare des anges
Le comité des fêtes
La saison des amours
Le cher disparu
L'accoutumance
Lapsus
Le libre arbitre
Le monologue de Gabriel
Le doux rêveur
La tenue d'Eve
La tempête
L'aveugle et Le sourd
Le seau d'eau vide du sot d'Ovide
L'heure de la fermeture
Les petits rôles
Lucide
La doublure des poches
La Norme
Le coup de vieux
Les sentiers battus
Le monsieur chauve
Les mots
La cour des grands
Libre arbitre
La lorgnette
La conservation des arômes
Le monopole
L'heure d'aimer
La décharge
Le Gavroche de chez nous
La lune
Lettre à un foetus
Les deux hémisphères
La tentation
Les tables bancales
Les Huns et les autres
L'impasse
La tournée des grands-ducs
La charge du taureau
Le bal des cendrillons
L'esprit de contradiction
La terre des hêtres
Le partage des eaux
Le peu d'elle
La petite annonce
Le lien
Les choses de la vie
Là... où nous irons
La mort d'un clown
L'escalier à vis
La soudaineté de l'averse
Le jour se lève
Le temps des belles paroles
Lettre à l'autre
Lointain
Le mois des suicides
Les démons de minuit
Le tir aux pipes
Les rivières inertes
Lèche-vitrine
La déraison d'être
Le géant
Le gris
Le mauvais oeil
La femme spirale
L'aspirine n'y peut rien
L'ombre de ses doutes
La fin du marché
L'appel à l'aide
L'université
L'exemple
Le tremblement des fleuves sacrés
Les deux pêcheurs
La lettre du paysan
Le cours du baril
L'infini
Les sucres noirs du temps
Le cri en tableau
Le temps perdu
Le harcèlement
L'immensité
Le roi de la jungle
La pause de midi
Le baise-main
Les mots
Le bon apôtre
Liberté
La partie de ballon
L'éphémère
L'appel intérieur
Les fautes de goût
La dernière conversion
Les poètes
La salle des tortures
Le droit d'entrée
Les mots de passe
L'Ancien Régime
Les Grecs et Nous
La luna sigue el mar
Lèse-majesté
La pyramide des âges
Le vieil homme d'Hemingway
L'effondrement du ciel
Lazy brother
La minute de silence
La place des martyrs
La salle des papas perdus
L'aveu
Lettre à mes enfants
L'essentiel
L'habit de mon corps
Les urinoirs alignés
Les serments de sable
Let my people go
L'erreur de jeunesse
Lis tes ratures !
Les cibles manquées
Lettre ouverte
L'Église de Sommeil
Les belles images
L'encre de mon coeur
Le sacrifice
Le retour des nuits fraîches
Le vieil homme
L'autre moitié du monde
La saison des pluies
La vipère
La nuit des fauves
L'inspiration
La trotteuse
L'hymne à tes fesses
Le droit d'entrée
La nuit du soleil
Les soeurs du mal
La carte aux trésors
L'entre deux âges
Les attentes meurtrières
L'oiseau a chassé la nuit
Les yeux de la tête
L'oubli
Les gestes
Le soleil, la femme et l'enfant
Lettre à ma soeur
Lion, mon beau Lion
La vérité sous le masque
L'aventure
Le vendeur d'aspirateurs
L'histoire en marche
La chimie d'une larme
Les serres royales
Le gars
Lumière éteinte
Le fleuve passe
Le bon vieux temps
La détente
La beauté du geste
Les deux
La douceur de l'air
L'idée de mort
Le simulacre du printemps
L'autre
L'épuisement
Losing you
La ville de papier
Le son des cloches
L'être humain
Le palais
L'autre monde
Le musée décevant
La pensée
Le plus grand cirque du monde
Les grands boulevards
Les gènes de la fuite
La rage
La page blanche
La contagion
Le combat
Lien sacré
Langue morte
Les elfes du palier
La fourrure du crépuscule
La dictature des destins
Le tigre perdu
Les éléphants...
Lune
Liquidateur
La relève de la garde
Le goût de l'autre
Les ponts de nos soupirs
Les oubliés
La vie
La rose
Les traces - écrit pour un compositeur talentueux, Julien Mouton
Lune noire
Les découvertes
La lune luit
L'enfant meurtrie
Le temps
La part du lion
Les nouveaux travaux d'Hercule
Les maux dits
La fumisterie
L'âge d'or
Liberté sans sursis
Les Consolateurs du Peuple
Largage
Liberté
Le silence des croyants
Livraison à domicile
La Voie du Somnambule
La Révolution du Jasmin
L'antidote
La soif d'écrire
Le silence après Mozart
Le champ de bataille
L'amour à vie
Le bonhomme de chemin
La pluie
L'Amour est à Copacabana
Le bar du coin de l'avenue...
Le sot-l'y-laisse
Là-haut
L'espion qui t'aimait
Lulu...
Les morts s'incrustent...
La chair à l'oeuvre
Les mots n'expriment...
Le feu sacré
La danse du ventre
L'intrus
La trompée
L'éternel féminin
Le courage de sortir du gué
Le peuple applaudisseur
Les yeux de cette maison
Le gardien de ses nuits
La loi de l'attraction universelle
La pêche miraculeuse (Le piercing)
Libre oppression
Le désert des sentiments
Le marathon des mots
Le talon d'Achille
Le grand amour
La dérive
Les bêtes
La salle d'attente
L'an de grâce
Le fessier
Le passage des météores
Le manque d'envergure
L'autre saison
L'enfance
Le Zoo de Zoé
Le retour des troupes
La peur
Le terminal des containers
Le gros orage
Le massacre des innocents
La Fin des Temps
Le bal des singes
La ligne d'un temps
Le fléau de la balance
La leçon de tir à l'arc
Lunatique
L'homme à abattre
La lente combustion des miroirs
Le Sacrement d'une Fleur
Les liens du mariage
Le cauchemar du soldat
Le silence des morts
Le poids des autres
La crise mondiale
La Délivrance
L'envie
Le lit à barreaux
Les couleurs de la cible
La party de campagne
La recette
Le naufrage
La rumeur
Le secret de polichinelle
L'extrême jouissance !
Les tempêtes amoureuses
La météo
La Cour côté jardin
La rancune
Le chauve sourit
Le pourboire en sortant
La remise de peine
La cavalerie
Le cirque est parti
La rose
L'entraide
Lifeboat
Les fleuves infranchissables
L'égarement des minotaures
L'Homme blessé au combat
L'oralité
La couleur du crime
Le piège à touristes
Le réveil en sursaut
Le tunnel blanc
La fin de mois difficile
Lacrymale
Le strip-tease
La réserve
L'homme de ma vie
L'eau de Rose
La quête
Le Zapping
Le cheval noir
Les rois défunts
L'esprit commando
Libérée
Le mari lapidaire
La démarche
Le reflet du miroir
L'espoir fait vivre
La métempsychose
Lacérée
Le noeud
Le mendiant
La citadelle ébréchée
Laisse moi croire
La promesse
Le trophée
Le fruit mordu
L'empire du silence
Le biberon du soir
La guerre des nerfs
L'hiver des amants
L'attraction
Le don de soi
Le paravent
La facture d'électricité
Le client est roi
L'heure du coucher
La vérité sort de la bouche des enfants
L'alternative
La poudre d'escampette
L'école d'une femme
Le prix de l'amour éternel
L'amour du travail
Les Désolés
La Solitude
L'esprit de clocher
La honte
Le chercheur
L'inspiration
Le mur
Le passe-temps
Levons le voile...
L'eau des fleurs
La progéniture
Le vélo d'appartement
Le rose
L'anniversaire
Le miracle de la vie
La bague au doigt
La danse
Le désir
Le saut de l'ange
L'orateur
Les bateaux immobiles
Le rendez-vous manqué
L'attrape-nigauds
L'esthéticienne
La rose qui a poussé dans le béton (dédié à Tupac Amaru Shakur)
La marque
L'inconscience du danger
L'assoiffé
Les bonheurs entrevus
La cour des grands
Le phare
Les traits communs
La tourmentée
Le numéro de prestidigitation
La peur d'aimer
La Beauté de la Femme Noire
Les 400 coups
Le métro
La géographie incertaine de nos vies
Lettre à mon vieil ami
La patience du mendiant
L'Hôtel des Voyageurs
Les pavés inégaux
Le Temps dira
La fluidité de la circulation
La route des épices
Le jour des morts
La solitude
La partie de cache-cache
Liquidation totale
Le fond de son teint
Les douches froides
La rigueur du calendrier
Le lâcher de ballons
La dernière danse
L'heure a sonné...
Le temps
l'égoïsme au masculin
Lynché(e)
Life
La vérité sur leur majesté
Le siècle de la vitesse
La dame du hâlage
Les années-lumière
Lettres mortes
Lettres je vous aime
Liberté, Egalité, Fraternité
L'odyssée intime
Le plaisir de lire
Le Poids du Silence
La traversée en solitaire
L'échappée belle
La vie quand bien même
Le baratin du siècle
Little angel of mine
Le conflit des générations
Le Monde Vomissant
La dérive
La nuit
La guerre des mondes
Le règlement de comptes
L'Art d'Être Humain
Le Coeur et La Raison
L'heure des braves
La meuf au T-Shirt trop court...
La descente aux enfers
L'élixir
L'Entaille
Lune éteinte
L'impact de l'existence
Le chiffre des anges
La morsure
La face cachée
La méthode
Liberté, Egalité, Fraternité
Le Romantique
L'existence
La Connaissance
Le doute
La tangente
Le tour de table
La lecture en braille
Le coup de l'étrier
Lucidité
Le Goût
Lassitude
La mi-amour
Lune de miel
Le sentiment du vide
Les fleurs du mal
La masse critique
L'aube

Vous lisez

Le monde habite ma chanson

Serge Noël,  le 06.03.2016


-
Poème écrit pour être lu à la deuxième rencontre euromaghrébine des écrivains, à Tunis et Kairouan, en novembre 2014.
-

non je n'irai pas dormir
la nuit est une putain froide et belle comme le gel
trop de choses me hantent et j'ai besoin de manger le monde
fruit rouge dont coulent le sucre et l'amertume
le bonheur fantôme toujours présent dans les assemblées des hommes
le bonheur comme un visage d'enfant noir au milieu des gravas
me hante et chante dans ma tête c'est un vent bleu de rêve
et les charniers de la colère et du mépris et le malheur
et ces vies usées à l'espoir infiniment repoussé
je n'irai pas m'enfoncer dans les brouillards de l'oubli
il est des blessures qui ne guérissent pas
quand l'espoir ombre de cristal se réveille dans des petits matins glacés
orages feu foules sur les routes encombrées du bagage de la misère
vieillards perclus de maladies de solitude et de crasse
enfants dans les ruines et la poussière des défaites
je n'irai pas vendre mon âme à la nuit
je veillerai sentinelle debout dans le coeur des villes détruites
à la naissance du rêve
là où commence le délire d'être homme
et mes chansons emporteront dans le vent noir la farouche beauté des femmes
qui dénouent leurs cheveux de nuée de travail et de force
mes chansons parleront de ces pays où la guerre disperse les regrets
où les enfants se cachent pour rêver
où la guerre broie les écoles et les jeux des enfants
pays noirs pays bleus oubliés des gens repus
de quoi voulez-vous que mes chansons parlent
sinon de l'amour âpre que mon coeur éprouve pour le monde
dans le crépuscule amer d'un jour ordinaire
le crépuscule de sang et d'ombre où dansent les soupirs
le poète ne parle que de ce qu'il connaît
et de ce qui le hante ainsi qu'un obsédant désir
je suis un homme et je sais ce que sont la folie et l'amour
j'ai enduré des tristesses de charbon gris je suis né dans le sang
j'ai aimé sans l'être de retour et j'ai chanté comme un chien blessé
j'ai connu des plaisirs j'ai vu des pays habités par la joie un soir
et le lendemain tout pantelants de chagrin
j'ai mangé à ma faim j'ai eu un toit sous lequel m'endormir de temps en temps
je me suis couché comme un fleuve en hiver
sur les trottoirs des villes où j'ai promené ma langueur
il y avait des hommes affalés qui cherchaient le sommeil
j'ai grandi parmi les rires et j'ai pleuré pour de grandes et de petites douleurs
j'ai ri comme on s'adresse à un mort
j'ai connu la jeunesse et j'ai bu ma ration d'illusions et de vin
j'étais beau je couchais comme un fleuve au printemps
dans le soleil j'ai dansé silhouette de feu et de sang
sous les étoiles j'ai divagué affamé de lointains horizons et de flammes proches
aujourd'hui vient le temps des médicaments et des froidures
il ne me reste qu'un bilan plus ou moins clair et le décompte des années immobiles
il ne me reste qu'à vieillir aussi vite que j'ai vécu
avec la mort pour aveu
j'aurai été une vie parmi des millions d'autres un peu rude un peu douce
mais dévoré à tout instant par l'amour d'être vivant
je n'aurai pas connu la faim je n'aurai pas connu la guerre
sinon par les souvenirs de ma mère
de ma mère qui était belle comme un matin à la fenêtre
de ma vieille mère qui danse encore pour faire passer le temps
de ma mère au seuil du vide qui rit et danse comme au bal des années
je n'aurai connu la guerre que par les ouï-dire les racontars les journaux
et les confidences de quelques frères rencontrés au hasard des combats
j'aurai rêvé d'un monde moins carnassier moins solitaire moins absurde
rêvé rêvé d'un monde plus doux
comme un champs de coquelicots au plus chaud de l'été
quand l'air tremble sur les routes et que les insectes grésillent
quand les blés penchent et mûrs sont lourds de soleil et de pain
quand les ruisseaux fredonnent et frais transportent les rires et les grenouilles vertes
je garde ce souvenir de la campagne jaune au c½ur de mon enfance
et je chante un été de poussière et de vent
je chante mon rêve d'un monde où l'homme construit sa maison dans la paix
où la femme porte l'eau du bel espoir
où l'enfant joue à des marelles de matins clairs
mes pauvres mots mon pauvre chant
sont les fruits légers de mon sang le battement précipité de mon sang
à ma tempe de verre
certains de mes frères l'entendent battre sourdement
ils me racontent leurs histoires de pain noir et de guerre
comment ils ont battu la mort à la course à travers les frontières
comment d'Afrique ils sont venus rêver les mêmes rêves que moi
comment leur tête certains soirs semble éclater sous le coup de l'angoisse
et des questions
les voilà qui se noient au large des plages blanches où scintille le corps des estivants
fuyant le meurtre la nudité des plaies
fuyant l'obscénité de l'injustice les cris de haine la honte de la misère
fuyant une vie obstruée pesante mur de fer et de silence
attirés par la lumière des villes comme des papillons de nuit
perdus dans les rues où les passants sont aveugles et sourds
seuls dans des foules d'hommes et de femmes fermés à double tour
confrontés au mystère des lois et des règles froides des Etats
en bute à la colère rentrée à la peur du jour qui vient au flic métallique des égoïsmes pâles
je suis blessé à l'endroit de mes frères
je porte en moi leurs nuits blanches d'inquiétudes
je porte en moi leur enfance dans les cailloux des chemins
je suis un homme je suis de la même chair que le malheur
je suis du même sang que les enfants qui courent derrière la balle dans les ruelles du bidonville
je n'irai pas dormir je n'ai pas sommeil je ne rêve plus
j'ai passé l'âge des songes et des étoiles
j'ai appris à vivre les yeux ouverts le coeur penché à côté de mes frères
j'ai appris à chanter petit à petit comme pousse l'arbre ses branches dans l'air noir du temps
j'ai appris la douleur des déserts et des foules
j'ai grandi dans la musique des hommes leurs mots de jonquille et leurs mots de boue
j'ai vieilli je suis entré dans le temps des aveux
devant le miroir incandescent de ma vie
où mon visage est une grimace un vol d'oiseaux secs dans la nuit
mais on n'oublie jamais les étoiles et les rêves
on ne se guérit pas d'espérer et de croire
le monde qui nous pétrit n'est jamais rassasié de combats
même s'il nous faut aussi apprendre à vivre parmi les gens que rien n'intéresse sinon la satisfaction de leurs minuscules appétits de leurs frêles envies
qui ne connaissent du monde que le mur de leur vie réduite à des riens
pour qui il ne s'agit que de durer de se reproduire d'accumuler des objets de dévorer le temps
yeux sans regard bouches sans cris morts sans couleur
vies sans vie
mains sans main à serrer mains vides juste propres à agripper
comptables petits de jours sans fin qui s'écroulent dans le sommeil d'un puits
leur sang a beau être rouge comme le mien quand il coule il est blanc
quand il bat il est muet
quand ils dansent c'est dans l'enfer des autres
quand ils partent en vacances c'est au milieu de leur misère
je ne dormirai pas la nuit est peuplée d'ombres qui durent
je chanterai plutôt
le seul chant que je sais faire celui du monde qui me construit qui m'habite dont je rêve que je vis
le monde plein d'hommes penchés sur des charrues retournant la terre
plein d'hommes simples dans des usines où se fabriquent les cauchemars
le monde plein de femmes hautes dont les bras ronds embrassent les villages
et de villes où se perdent les enfants à demi nus
le monde plein de gnous par millions qui traversent les fleuves
et d'éléphants songeurs ivres de fruits mûrs
le monde plein de travailleurs qui chaque jour créent la richesse et s'appauvrissent
et rêvent de justice et descendent dans les rues
et chantent avec moi les carmagnoles les Internationales qui secouent le sommeil des gens repus
le monde plein de favelas dévastées où se joue l'avenir
où les filles aux épaules de buée dansent dans la poussière et donnent le jour aux enfants du futur
le monde plein des musiques et des corps noirs de la vie
les Afriques qui bouillonnent et croissent dans la boue et l'or
les Amériques où s'affrontent les puissants et les peuples
où les guitares accompagnent les foules
et les Asies en fête où les syndicats clandestins fomentent des troubles
les dragons du printemps rouges et dorés crachent des feux d'espoir
les vieilles Europes qui volent le pain des autres et repoussent leurs affamés
où les peuples ont encore la ressource du futur
le monde plein d'hommes et de femmes blancs comme des nénuphars
qui lentement vivent et meurent sans se souvenir de rien
de femmes noires et luisantes comme des tulipes
d'enfants de toutes les couleurs qui courent et s'accroupissent sur la terre jaune des courées
le monde cerclé de frontières et de flics
plein d'hommes errants et d'exil
plein d'abattoirs et de couvées
plein de cauchemars et de rêves
le monde entier comme il va claudiquant gonflé d'espoir et perclus de misère
le monde comme il est tout entier reposant dans mon coeur
brûlant et sec
inquiet humide et sous le ciel nocturne
à l'aune des étoiles qui dansent et tremblent escarbilles de diamants
le monde sans dieu
nu et affamé
le monde couvert d'ordure bouffé par les carbures
dont les eaux remuent des odeurs de pourriture et d'acide
le monde affreux et beau tendre et cruel obscur et lumineux
je ne dormirai pas le monde est tapi dans ma chambre
et me regarde de ses yeux humains remplis de colère et de folie
comment dormir alors qu'il me reste si peu de temps à vivre à rêver à danser
j'ai soif d'entendre encore les chants venus du tréfonds des détresses
les jazz et les rumbas les tangos déjantés les guitares manouches et les violons juifs
fleurs vénéneuses et soûlantes
de quoi parlent les chants du peuple ils parlent d'amour et de courage
ils parlent de tristesse et de vin blanc
ils parlent d'ivresse et de sang

*

aujourd'hui comme hier il est urgent de chanter pour le peuple
pour les peuples de mitrons de charbonniers de zingueurs et d'errants
il est urgent que le chant se mobilise et parle de la vie sans fards
urgent de sortir de sa propre prison et d'ouvrir son chant sur le monde
urgent de faire le lien entre soi et le monde dans un chant retrouvé
des fascistes entonnent un refrain fait de peur et de haine
ils attisent les égoïsmes et les détresses ils saoulent les solitudes
ils parlent de nation quand ils veulent dire tribu
ils parlent des Juifs comme on le faisait en '38
ils parlent des Noirs et on entend une musique raide régler la marche à pied
ils parlent des Arabes et la trique s'abat encore sur les nuques
ils parlent des Chinois il ne manque que les expéditions punitives
ils parlent des Blancs comme d'un enfant un peu trop gros un peu trop triste
mais ils ne parlent pas des riches qui dans leur propre clan confisquent le pain et les rêves
ils ne parlent pas des pauvres partout en tout lieu dans toutes les hordes
qui triment et crèvent sous le joug et perdent leur âme en même temps que leur vie
aujourd'hui les sirènes fascistes enjôlent les oreilles des petits des perdants
il faut leur chanter un chant fort fait de justice d'espoir et de fraternité
il faut leur chanter l'orage humain la marée montante des combats
l'Indien se lève et vote pour un président de gauche
pour un Indien qui chante dans la langue des hommes
ne vous trompez pas le chant porte toujours en lui la naissance d'un monde
ou sa mort

*

il était tôt ce matin quand j'ai quitté la maison
les rues étaient noires des gens passaient comme des ombres sans corps
ils allaient vers leur journée seuls et courbés hâtant le pas
les camions poubelle faisaient un boucan de tous les diables
et quelques chats étiques rasaient les façades encore endormies
les enfants appelaient leur mère dans leur sommeil troublé
la lune encore étirait sa pâleur de songe dans un ciel presque clair
et les nuages venaient de loin annonçant des orages et des pluies
je n'avais pas dormi j'avais écouté le chant des hommes qui gronde en moi
le chant des maraîchers des sidérurgistes des secrétaires le chant des paysans
sans terre des exilés sur les routes
le chant des petites mains des enfants sans école des ouvriers sans travail
le chant des gens qui chaque matin se lèvent pour aller travailler ou qui ne se lèvent plus l'espoir les ayant délaissés
le chant d'amour des adolescents de partout qui ont besoin de liberté de fantaisie de joie
le chant des pédés d'Iran et du Cameroun qui risquent la mort et la chicotte
parce que leur amour n'est pas béni
le chant des femmes qui ramassent le riz qui se courbent se relèvent et portent les enfants
je n'avais pas dormi j'avais chanté mon amour
ma quête effrénée de reconnaissance et d'amour
j'avais chanté mon chant de révolte et mon cri
j'étais comme un jeune chien affolé un bel arbre ployant dans la tempête
je ne savais comment dire ce feu qui me consume
comment choisir les mots pour peindre ce brasier
comment organiser ce flux qui m'envahit me bouscule comme une houle
j'ai laissé monter en moi le chant du monde
j'ai laissé monter la marée des images des visages des contrées
la vieille colère qui m'affole depuis que je suis enfant
et les mots sont venus comme dans une rengaine fredonnée à la sauvette
dans une rue sous une fenêtre ouverte où passe la chanson
ils se sont imposés comme une mémoire de musique
comme une musique qui ne me quitte pas
je les ai suivis j'ai chanté encore et encore ma chanson d'hommes et de monde
j'ai écouté leurs chants ailés bousculés pleins de chair et d'os
dans mon casque pour ne pas réveiller mon compagnon qui dormait en haut
dont le sommeil aussi me berce parfois
cela parlait d'enfance des petites choses du jour cela disait l'amour affamé le désordre des coeurs et la couleur des corps
je me suis contenté de transcrire comme j'ai pu ces chants de douleur et d'espoir
c'est tout ce que je sais tout ce que je connais c'est l'air que je respire le sang qui vibre en moi

*

le ciel était gris perle ce matin
on devinait encore des traces de soleil dans les replis du vent
sur la route à travers la ville je marchais
et dans mes pas j'entendais les pas des passants
progressivement le rideau des nuages s'est écarté
il y avait des traces de soleil dans les hauteurs du ciel
ce serait une belle journée d'automne où les grands arbres des avenues pleureraient leurs verts printemps
une belle journée pendant laquelle de paisibles vieillards joueraient aux cartes
et contempleraient leur jeunesse à travers les vitres fermées de la chambre
une journée d'automne rousse et bleue pleine de frissons et de murmures
les balayeurs tranquilles ramasseraient les feuilles mortes
les gens iraient au boulot tirer leur temps avant de retrouver leurs enfants
qui auraient joué dans la cours de récré entre les leçons bien apprises
une belle journée vraiment
pendant laquelle des bombes tomberont
des femmes mourront dans les couches faute de soins
des enfants s'éparpilleront au milieu des tirs
des femmes mourront excisées perdant leur sang
des condamnés à mort compteront leurs minutes de répit
des jeunes gens sans avenir se bourreront la gueule seuls dans les caves
des mers seront recouvertes de bitume et de plastique
des forêts perdront des hectares et des hectares pour des friches désolées
des fleuves charrieront les excréments nauséabonds d'usines sauvages
des migrants perdront la tête à force de frapper du front les murs qui les encerclent
d'autres feront naufrage au large de l'Italie au large des gens repus
des homosexuels confondus seront lapidés sous les huées des gens bénis
des malades pourriront dans des hôpitaux délabrés
des maisons seront emportées par les vents furieux
et parmi elles les maisons des pauvres qui erreront entre les tentes de fortune pendant des années
des travailleurs apprendront à la radio qu'ils ont perdu leur emploi
qu'ils sont devenus un gibier pour les fonctionnaires du chômage
ce sera une belle journée pleine de feu et de larmes
une journée où les enfants apprendront à s'aimer au bord d'un ruisseau
près des collines de schiste au fond des bois
une journée marquée par la naissance d'un bébé noir riant et rond
quelque part dans un bled où règne encore la paix
des familles se rendront à la plage à Gaza la guerre finie
pour un moment
les rues respireront le silence et l'air bleu
en attendant les coups de marteau de la reconstruction
les amis attablés à la terrasse d'un café parleront politique et amour
ils boiront de grands verres de douceur
une belle journée pour le monde
une journée où j'aurai chanté une fois encore mon chant humain
avec la gravité d'un moine et la légèreté du vent
qui fait frissonner les hautes herbes où se cache la biche
jazz rumbas tangos guitares manouches violons juifs
les voix s'entremêlent et donnent au chant sa couleur d'éternité
j'aurai chanté par ce beau jour d'automne
un soleil pâle inondant les maisons
dans lesquelles dorment les gens et rêvent aux jours meilleurs


Bruxelles, le 2 octobre 2014

 

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